Harlem Désir

Premier secrétaire du Parti socialiste / Député européen

Manifestation et vote sur la directive service

Posté le Mardi 14 février 2006 |

Après des mois de discussions et des centaines d’amendements, le projet de directive services dit Bolkestein sera débattu mardi 14 février avant dêtre soumis au vote jeudi 16.

Parallèlement, la Confédération européenne des Syndicats (CES) organise une grande manifestation mardi 14 à Strasbourg pour :

- exclure de la directive, le droit du travail y compris les conventions collectives ;

- exclure les services d’intérêt général ;

- s’opposer au principe du pays d’origine dans ce projet de directive.

Harlem DESIR et de nombreux eurodéputés socialistes participeront à cette manifestation. (Lire la suite…)

Harlem DESIR signe la pétition de la CES pour les services publics de qualité accessibles à tous

Posté le Samedi 11 février 2006 |

Les services publics sont essentiels pour la cohésion sociale, économique et régionale de l’Europe. Ces services doivent être de grande qualité et accessibles à tou(te)s les citoyen(ne)s. Jusqu’à présent, les privatisations ou les libéralisations (notamment dans les secteurs de l’énergie, la Poste, les télécommunications) étaient les seules alternatives proposées au développement des services publics. Il est temps de trouver d’autres solutions !

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Pourquoi la « directive Services » reste inacceptable

Posté le Vendredi 10 février 2006 |

Les députés des deux plus grands groupes politiques du Parlement européen, PSE (socialistes) et PPE (droite), se sont mis d’accord le 8 février, sur une formule de compromis sur la directive « Bolkestein ». Les socialistes français ne s’y rallieront pas, réclamant toujours le rejet de la directive. Anne Mosoni, journaliste à l’Hebdo des socialistes, s’est entretenue avec Harlem Désir à ce sujet.

Pourquoi y a-t-il eu divergence d’appréciation entre les socialistes français et les autres membres du PSE ?

Nous avons eu, dans le groupe du PSE, un débat difficile sur ce qui pouvait être accepté et ce qui ne pouvait pas l’être. En plaidant pour le compromis, nos camarades du PSE entendaient ne pas mettre en péril les points déjà gagnés dans la discussion parlementaire. En marquant notre désaccord, nous voulions indiquer, au contraire, que la bataille devait se poursuivre sur deux aspects : l’exclusion des services économiques d’intérêt général du champ d’application de la directive et la substitution du principe du pays de destination à celui du pays d’origine. Le risque de la position de compromis, c’est de donner le sentiment qu’il y a un consensus, y compris sur ces points. C’est une façon de clore le débat qui ne correspond pas au calendrier d’adoption du texte. Nous n’en sommes qu’au stade de la première lecture du Parlement européen. La bataille n’est pas finie avant l’adoption définitive du texte.

Quels sont les dangers persistants qui vous ont poussé à refuser le compromis ?

Comme je l’ai évoqué, il reste deux problèmes majeurs, sur lesquels les compromis passés ne sont, à notre avis, pas satisfaisants pour les socialistes français.
Le premier concerne le champ d’application qui reste trop large et inclut encore une partie des services économiques d’intérêt généraux (SIEG). Certes le compromis prévoit que la directive n’entraînera pas de nouvelles libéralisations de SIEG. Mais certains SIEG pour lesquels il y a déjà une libéralisation partielle restent inclus par la directive. C’est le cas, par exemple, de services urbains (distribution d’eau, assainissement, etc). De même sont concernés une partie des services éducatifs, hors scolarité obligatoire (ceux qui sont payants, les dispositifs de formation pour adultes par exemple, une partie de l’enseignement supérieur privé, etc.). La droite a en effet refusé l’exclusion de l’ensemble des services éducatifs.
Le deuxième problème concerne l’article où figurait le principe du pays d’origine (PPO), l’article 16 de la directive.
L’amendement de compromis écarte les mots « principe du pays d’origine ». Mais la rédaction de compromis avant le vote n’offrait pas de garanties suffisantes. Il n’est pas affirmé que les règles qui encadreront l’activité d’une entreprise de services seront celles du pays de d’accueil (celui où elle exerce son service).
Nous ne nous opposons pas à ce qu’une entreprise européenne, de n’importe quel pays puisse travailler en France ou dans un autre pays de l’Union. Nous sommes favorables au marché intérieur mais nous voulons qu’il soit clair que cette entreprise respecte la législation en vigueur dans ce pays, non seulement en matière de droit de travail ce que tout le monde semble enfin accepter, mais aussi de droit des consommateurs, de protection de l’environnement, de contrôle de l’activité, de sanction pénale en cas d’infraction. La rédaction du compromis est floue juridiquement et entretient une incertitude considérable, puisqu’il reviendra à la Cour de justice européenne (CJCE) de dire le droit applicable. C’est un pari trop risqué sur la jurisprudence !
Une porte reste ouverte au risque de contournement des législations nationales et au dumping.
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Premier bilan du Forum Social Mondial

Posté le Jeudi 2 février 2006 |

La 6ème édition du Forum social mondial a la particularité de se dérouler en trois lieux successifs. Trois villes sur trois continents : Bamako (Mali), 19 au 23 janvier, Caracas (Vénézuela), du 24 au 29 janvier, puis Karachi (Pakistan), fin mars. Trois rendez-vous auxquels participe le Parti socialiste.

Quel bilan tirez-vous du Forum social mondial de Bamako ?

Organiser ce forum, avec très peu de moyens comparé à ceux déployés au Brésil ou même en Inde, alors que les efforts étaient dispersés, avec la tenue en parralèle d’un autre forum à Caracas, était un défi pour les maliens et le comité africain : ils y sont parvenus. Cette initiative reflète l’essor d’une société civile africaine qui va jouer un rôle croissant dans le processus démocratique. Il était marquant de voir la présence de centaine d’associations – de femmes, d’agriculteurs, de jeunes, etc. -, venues d’une quarantaine de pays et qui, malgré un contexte parfois très hostile, sont en train de renforcer leur assise dans la société et de se mettre en réseaux. Je suis convaincu que ces réseaux joueront un rôle grandissant à l’avenir sur ce continent marqué par les dictatures et où la démocratie reste très fragile quand elle existe.

Avez-vous le sentiment d’un essoufflement du mouvement altermondialiste ?

Je ne crois pas. Avec environ 15 000 personnes, la participation n’a pas été aussi nombreuse qu’à Porto Alegre. Mais l’élargissement du mouvement au continent africain, représenté jusque-là de façon marginale, est une étape importante pour le mouvement altermondialiste et l’évolution des forums eux-même. C’est le continent le plus pauvre, le plus exclu de la mondialisation actuelle, et il était presque absent du mouvement de la nouvelle société civile mondiale. Sauf comme objet de préoccupatiion et de solidarité. Il fait son entrée comme acteur et continuera l’an prochain à Nairobi (Kenya), le prochain grand forum unique qui sera le vrai test.

Par ailleurs, les forums sont toujours un peu chaotiques car ce sont des plateformes de débats qui ne s’imposent pas la cohérence, mais l’ouverture. Mais ils restent productifs et jouent encore leur rôle de mise en réseau et de catalyseur. L’appel mondial contre la pauvreté, en 2005, les campagnes pour l’annulation de la dette, pour les taxes mondiales ou pour l’accès aux médicaments ont été renforcé, élargi, par la dynamique des Forums et ont débouché sur de premières victoires. Des campagnes sur l’eau, les règles du commerce agricole, mais aussi sur de nouveaux thèmes comme le droit au « travail décent » et les libertés syndicales au sur tous les continents, sont en train de se développer. (Lire la suite…)