Harlem Désir

Premier secrétaire du Parti socialiste / Député européen

Tribune publiée sur lemonde.fr

Posté le Vendredi 27 juillet 2012 |

Pour le parti du changement, continuer le changement dans le parti

En France, la gauche n’arrive aux responsabilités que dans la crise. Elle ne se voit pas confier le pouvoir simplement pour gérer, mieux gérer ou gérer plus justement, ce qui serait déjà beaucoup, mais aussi pour sortir le pays d’une impasse et répondre à l’attente d’un profond changement dans la société. La gauche gère, et souvent mieux que la droite, mais c’est sur la transformation qu’on l’attend. Pour elle le pouvoir est toujours une invention, sur le fond, les politiques à conduire, comme sur la forme, l’exercice du pouvoir.

La victoire de 2012 ne déroge pas à la règle. La crise est là, multiforme, elle est abyssale pour nos finances publiques et notre commerce extérieur, terrifiante pour notre industrie saignée de 700 000 emplois en dix ans, dégradante pour notre rôle en Europe où nous n’étions plus moteur mais aligné, inquiétante pour la République, abimée par une pratique de l’opposition systématique des catégories les unes aux autres et finalement dangereuse pour la démocratie, étouffée par une ego-présidence qui n’a eu de cesse d’écarter ou de rabaisser les contrepouvoirs, les acteurs sociaux et les citoyens.

La volonté de changement des Français qui a porté François Hollande à la Présidence de la République ne se résume donc pas à une alternance institutionnelle. Au-delà de la sanction d’une politique marquée par l’impuissance et l’accroissement des inégalités, c’est une question plus vaste qui a mobilisé les électeurs : que peut la politique face à la toute puissance des marchés ? Sommes nous encore maitre de notre destin, pouvons nous choisir collectivement une autre voie que celle que l’on veut nous imposer partout en Europe, faite de toujours plus de précarité, d’austérité, de reculs sociaux, pouvons nous sortir de la spirale du déclin tout en préservant notre modèle de société ?

Dès lors, le rôle du parti socialiste, est tout aussi décisif après la victoire qu’il ne l’a été dans l’opposition pour la préparer. Sa première mission est d’abord, bien sur, d’être rassemblé et de soutenir l’action engagée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault pour le redressement économique, la justice sociale, l’école, la transition écologique, la conquête de nouveaux droits. Elle est de défendre la méthode de travail, fondée sur le dialogue social, la concertation, méthode totalement nouvelle en France qui signifie déjà un bouleversement majeur par rapport au précédent quinquennat. Elle est encore d’appuyer la bataille engagée par le Président de la République en Europe pour la réorientation des politiques communes vers la croissance, la solidarité et la régulation des marchés. Cette bataille redonne son rôle à la France sur le continent et son sens à notre engagement européen. Elle ne règle pas d’un coup la crise européenne, mais le paquet global obtenu par le Président de la République avec le pacte de croissance et la taxation des transactions financières internationales en contrepoint des dispositions sur la discipline budgétaire est un tournant. Déjà, d’autres peuples s’en saisissent pour refuser l’austérité. Cette avancée doit être engrangée. Il nous faudra la prolonger, avec les partis sociaux-démocrates d’Europe, pour aller vers l’intégration solidaire et démocratique, et un rôle renforcé du Parlement européen.

Mais le rôle du parti socialiste ne peut s’arrêter là. Au pouvoir comme dans l’opposition un grand parti doit être une force d’anticipation et de proposition. Les 60 engagements de François Hollande sont le point de départ du changement, ils n’en seront pas l’achèvement. Il faudra sans cesse innover pour répondre aux défis nouveaux qui surgiront pendant le quinquennat.

Le travail d’analyse de la société a été une force du parti socialiste dans l’opposition, il doit se poursuivre notamment au sein du Lab qui rassemble des chercheurs indépendants, des élus, des militants. Il faut répondre dores et déjà à deux défis majeurs soulignés par les scrutins présidentiels et législatifs, l’abstention dans les quartiers populaires et le vote Front National en particulier dans les espaces ruraux et périurbains délaissés. L’un comme l’autre appellent une réponse politique forte. Il ne peut y avoir de territoires ou de populations abandonnés par le Parti socialiste, parti de toute la société, qui s’adresse aux classes populaires comme aux classes moyennes, aux ruraux comme aux urbains, aux ouvriers et aux intellectuels, aux jeunes comme aux plus âgés parce qu’il cherche à rassembler les Français autour d’objectifs partagés. Telle est l’ambition d’un vrai parti républicain, social et populaire. Cela suppose un parti ouvert à la société, perméable, dans lequel elle puisse s’engouffrer, débattre et agir.

Sous l’impulsion de sa première secrétaire, Martine Aubry, le Parti Socialiste a su commencer par changer lui même pour être le parti du changement dans le pays. Ce fut le choix de la parité, du renouvellement et de la diversité dans les candidatures aux élections législatives, que François Hollande a poursuivit avec un gouvernement à l’image de la société. Ce fut surtout le grand pas des primaires ouvertes à tous les électeurs pour le choix de notre candidat à l’élection présidentielle. Nous avons également fédéré, dans les primaires et dans la campagne présidentielle, d’autres sensibilités de la gauche venues de l’écologie, du communisme et du radicalisme. Il faut donner une perspective durable à ce rassemblement.

Voilà pourquoi, si nous devons revendiquer avec fierté l’étiquette de parti du changement, il nous incombe de poursuivre avec détermination le changement dans le parti. Aujourd’hui au pouvoir, nous ne jouerons pleinement notre rôle que si nous ouvrons le débat avec les citoyens sur l’action engagée, les succès et les difficultés rencontrées, ce qui doit continuer et ce qui doit être corrigé.

Nous pourrions organiser régulièrement des ateliers du changement ouverts à tous les citoyens pour en débattre et préparer de nouveaux projets qui alimenteront le gouvernement, et contribueront à la réussite des élections intermédiaires de 2014 comme à la préparation du projet pour 2017. La gauche n’inscrira son action dans la durée que si elle s’alimente d’un dialogue permanent avec les Français.

Il nous faudra également poursuivre la rénovation de nos pratiques. La Commission sur la rénovation de la vie publique présidée par Lionel Jospin fera des propositions pour toute la République. La limitation du cumul des mandats passera par la loi. Mais nous devons continuer à en être pionnier. Elle confortera la dynamique de renouvellement, de diversité et de parité, à laquelle que les Français souhaitent vivement.

Enfin, pour les prochaines échéances de 2014, la question nous est posée, pour les grandes villes, de réfléchir à l’organisation d’élections primaires locales qui donneraient une grande dynamique à nos candidats.

Soutenir et proposer, continuer à rénover nos pratiques et à nous ouvrir à la société, permettre de nouvelles formes d’engagement et d’ancrage populaire du parti socialiste, préparer la relève, faire émerger de nouvelles générations, ces questions seront au cÅ“ur de notre prochain congrès pour contribuer pleinement à la réussite du quinquennat du changement.

Le Président de la République et le gouvernement doivent pouvoir compter sur une force militante active, en résonance avec le réel, qui ne cesse de tisser un lien à double sens entre le pouvoir politique et les citoyens.

Harlem Désir

Harlem Désir signe pour sauver les studios Cinecitta

Posté le Mercredi 11 juillet 2012 |

Harlem Désir a signé la pétition des cinéastes européens pour sauver les mythiques studios Cinecitta à Rome :

Alertés par leur confrère Ettore Scola, les cinéastes européens sont scandalisés de constater que les Studios Cinecitta, haut-lieu du patrimoine cinématographique mondial, sont mis en péril pour des motifs spéculatifs, et honteusement considérés avec aussi peu d’égards qu’un parking ou un supermarché. Est-il urgent de détruire ce lieu inséparable du cinéma de Fellini, Visconti, Comencini, Lattuada, entre autres, pour construire un centre de fitness ? Maigrir aux dépends du patrimoine et de la culture, tout un symbole : même sous Berlusconi, ils n’avaient pas osé.

Les cinéastes et professionnels européens appellent chacun à la mobilisation pour sauver ce berceau du cinéma européen, et demandent aux autorités européennes d’agir rapidement et avec responsabilité, pour protéger et classer ce monument historique de la culture.

PREMIERS SIGNATAIRES :

Michel Hazanavicius, Claude Lelouch,
Jean-Jacques Beineix, Patrick Braoudé, Christian Carion,
Dominique Crèvecoeur, Dante Desarthe, Evelyne Dress, Michel Ferry,
Costa Gavras, Cédric Klapisch, Gérard Krawczyk, Jeanne Labrune, Radu Mihaileanu,
Olivier Nakache, Raoul Peck, Artus de Penguern, Jean-Paul Rappeneau, Jacques Richard,
Jean-Paul Salomé, Coline Serreau, Abderrahmane Sissako, Pascal Thomas, Eric Tolédano…

Vous aussi pouvez soutenir cette cause en signant la pétition en cliquant ici

Déclaration de politique générale du Premier ministre : un discours de vérité, de courage et de détermination pour tenir le cap des engagements sans renoncement

Posté le Mardi 3 juillet 2012 |

Avec sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a confirmé que les engagements de la campagne présidentielle seront tenus et mis en œuvre avec détermination, sans renoncement ni tournant malgré l’héritage calamiteux laissé par la droite.

Dans un discours de vérité et de courage, le Premier ministre a montré qu’il tient le cap avec force et détermination, au service du changement voulu par les Français, le redressement économique, l’emploi, la justice sociale, la priorité à l’école, à la jeunesse, la transition écologique, la conquête de nouveaux droits et libertés, l’égalité hommes-femmes, les droits des couples de même sexe, l’intégration des immigrés dans le respect des valeurs de la République.

Le contraste est total avec la politique du gouvernement précédent, l’industrie sera soutenue, l’emploi sera la priorité, le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes sera défendu avec la suppression de la TVA et une fiscalité juste qui mettra à contribution les hauts revenus et ceux du capital, exonérés jusqu’ici de tout effort, la transition écologique sera engagée, la réorientation de l’Europe pour la croissance sera poursuivie sans relâche.

Le Premier ministre a également indiqué une méthode, à l’opposé de celle du précédent gouvernement, l’écoute, le dialogue, la démocratie sociale, la mobilisation des acteurs locaux et des collectivités, une nouvelle étape de la décentralisation. C’est le choix de la mise en mouvement du pays en s’appuyant sur les Français, en les respectant, en les écoutant, en les associant, pour réussir le changement et la modernisation.

Le Premier ministre a appelé à la mobilisation pour le redressement, il pourra compter sur le soutien le plus total et le plus déterminé du Parti socialiste dans son action courageuse de redressement de notre pays et de justice sociale.

Harlem Désir participe à l’initiative de Florence « La relance européenne, une vision alternative pour le futur »

Posté le |

Dans la foulée du sommet européen de la semaine dernière, les Socialistes et Démocrates ont lancé à Florence une nouvelle initiative sur le futur de l’Union européenne. Baptisée « La relance européenne, une vision alternative pour le futur », cette initiative sera débattue durant les deux prochaines années dans plusieurs pays d’Europe.

La crise économique à laquelle doit faire face l’Europe, aujourd’hui, a mis en exergue les faiblesses politiques et institutionnelles de l’Union européenne. Le projet européen n’est pas seulement en danger, il risque de s’effondrer. Le Groupe S&D propose, par conséquent, une réflexion en profondeur et une analyse sur les valeurs fondatrices de l’Union européenne. L’idée est d’offrir aux décideurs de nouvelles perspectives et d’aller au-delà d’une gestion quotidienne de la crise vers une vision à plus long terme en engageant une réflexion sur ce dont l’Europe et les Européens ont besoin.

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Election de Claude Gilardo dans la cantonale partielle de Brignoles

Posté le Lundi 2 juillet 2012 |

Je félicite chaleureusement Claude Gilardo pour sa victoire sur le Front National lors de l’élection cantonale partielle de Brignoles.
Le maire de Brignoles, candidat soutenu dès le premier tour par le PS, le Front de Gauche et EELV était le seul représentant des valeurs de la République lors de ce 2 eme tour où il était seul en lice face au Front National, sa victoire est donc fortement symbolique.
L’élection de Claude Gilardo me réjouit pour le Var et ses habitants qu’il va pouvoir continuer à servir dans un esprit de justice sociale, mais aussi parce qu’elle est la victoire des républicains face à l’extrême droite.
Je regrette profondément que l’UMP n’ait pas été capable d’appeler à faire barrage à l’extrême droite, prenant le risque de voir le Front National l’emporter dans ce canton. Je condamne fermement cette attitude irresponsable de la droite alors que l’élection s’est jouée à 13 voix.
Malgré le manque de courage de l’UMP, Claude Gilardo est parvenu à relever le défi du rassemblement républicain. J’ai eu plaisir à le féliciter ce soir au nom de tous les socialistes après être venu lui apporter mon soutien et celui du Parti socialiste entre les deux tours.