PARIS, 31 août 2010 (AFP) - Le numéro 2 du PS, Harlem Désir, a jugé mardi que les “anathèmes” et “mensonges” de l’UMP sur le PS formulés mardi lors du campus UMP à Port-Marly étaient le signe d’une “crise profonde de la majorité”.
“Quand le gouvernement et l’UMP passent plus de temps à critiquer le Parti socialiste qu’à agir pour les Français et apporter des réponses aux difficultés auxquelles le pays est confronté, c’est le signe d’une crise profonde de la majorité”, a déclaré à l’AFP l’eurodéputé.
“La majorité et le gouvernement sont aujourd’hui sans cap et c’est nous qui sommes crédibles ce que, visiblement, ils redoutent”, a-t-il ajouté.
“Devant tant d’anathèmes, de contre-vérités, de mensonges, nous avons décidé de ne pas perdre notre temps à répondre. Nous parlons aux Français pour faire des propositions et présenter une nouvelle perspective au pays”, a-t-il assuré.
Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, a accusé la numéro 1 du PS, Martine Aubry, d’être “responsable de (la) surenchère inacceptable dans le débat démocratique”, à propos de la politique sécuritaire du gouvernement.
“M. Bertrand fait porter la responsabilité de la surenchère sécuritaire à Martine Aubry. Il faut le dire au pape, à l’ONU et aux anciens Premiers ministres UMP qui se sont eux-mêmes démarqués du président de la République et de ses dérapages!”, a-t-il ironisé.
“Tout ça est grotesque et pas à la hauteur de la situation de ce pays en cette rentrée”, a ajouté M. Désir, pour qui l’ambiance de ce campus UMP était “sinistre, de fin de règne et de déchirements”.
Harlem Désir a voté, en séance plénière à Strasbourg, en faveur du rapport “La promotion des jeunes au marché du travail, le renforcement du statut des stagiaires, du stage et de l’apprenti” qui demande à la Commission et aux Etats membres de lutter contre le chômage des jeunes, de leur assurer un revenu décent et des stages de qualité.
” Plus 20% des jeunes sont aujourd’hui au chômage en Europe et de nombreux autres occupent des emplois précaires, sans protection sociale. La prolifération des stages précarise les jeunes actifs et est un vecteur de dumping social à l’encontre des autres salariés, en exerçant une pression à la baisse sur les salaires et se substituant à des postes de travail normaux.
Le rapport Turunen demande à la Commission et aux Etats membres de se mobiliser pour faire de l’accès des jeunes à des stages et à des emplois de qualités une priorité, et de leur garantir des revenus décents. Il est inadmissible que certains Etats prévoient un salaire minimum plus bas pour les jeunes.
Avec ce rapport, le Parlement demande également la mise en place d’une “garantie européenne pour la jeunesse” qui donne le droit à chaque jeune de l’UE de se voir offrir un emploi, un contrat d’apprentissage, une formation complémentaire ou un emploi combiné à une formation, à l’issue d’une période de chômage de 4 mois, et d’élaborer une “charte européenne de qualité en matière de stages” incluant des normes relatives à leur durée maximale, aux indemnités minimum et aux prestations de sécurité sociale.”
AFP - Harlem Désir, numéro deux du PS, a affirmé aujourd’hui que le gouvernement ne devait “pas se faire d’illusion” sur la réforme des retraites, car il “se heurtera à une résistance des Français” s’il ne trouve pas “sur sa calculette, la touche de la justice sociale”.
“Le gouvernement laisse aujourd’hui des ballons d’essai sortir” comme quoi “on pourrait aller vers 62 et 63 ans”, a affirmé sur LCI l’eurodéputé évoquant des informations - démenties par l’Elysée - selon lesquelles le gouvernement prévoit un allongement progressif de l’âge légal de départ à la retraite.
“Tout indique - les enquêtes d’opinion, comme les rencontres que nous avons pu avoir nous-mêmes avec les syndicats- l’attachement très fort des Français au droit à la retraite à 60 ans”, a souligné le responsable socialiste.
Selon lui, le ministre du Travail Eric Woerth “a tendance à aborder cette réforme avec une calculette qui aurait deux touches: l’une qui est l’augmentation de l’âge de départ à la retraite et l’autre l’augmentation des durées de cotisation”.
“Il n’a toujours pas trouvé la touche qui permettrait d’augmenter l’assise des financements” en faisant contribuer les “revenus financiers, les stock-options, les bonus”, a estimé M. Désir.
“S’il ne trouve pas cette touche de la justice sociale, il ne doit pas se faire d’illusion, il se heurtera à un refus et à une résistance des Français”, a prévenu l’eurodéputé