Harlem Désir interpelle José Barroso
Posté le Mercredi 25 mars 2009
Dans son intervention au Parlement européen à Strasbourg, le mercredi 25 mars, sur les conclusions du Conseil européen des 19 et 20 mars, Harlem Désir a interpelé le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, sur l’annulation, à la demande de Sarkozy, du sommet pour l’emploi qui était prévu au mois de mai. Sarkozy et Barroso inventent “l’opt out” permanent sur les politiques sociales pendant la crise !
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Harlem Désir (PSE).
Monsieur le Président,
Il est difficile de ne pas cacher sa déception à l’issue de ce sommet européen. Si l’autosatisfaction et la fiction étaient des instruments de relance économique, effectivement, on pourrait parler d’un succès. Je sais que l’économie est en grande partie de la psychologie, qu’il faut essayer de recréer la confiance, mais enfin, quand la crise s’aggrave à ce point, que la récession s’approfondit dans tous les États membres, que le chômage explose, entendre le Conseil déclarer qu’il est “confiant quant aux perspectives à moyen et long terme pour l’économie de l’UE” et qu’il est “déterminé à faire le nécessaire pour relancer l’emploi et la croissance”, c’est assez stupéfiant.
Déterminé à quoi? Déjà l’ordre du jour de ce Conseil a été expurgé de toutes les propositions qui auraient pu porter sur l’emploi. Cela avait été reporté au mois de mai. Finalement, le sommet pour l’emploi du mois de mai, au cours de ce Conseil, a lui-même été transformé en une simple réunion de la troïka. Il paraît que c’est le président Sarkozy qui a réussi à convaincre les autres États membres qu’il n’était pas nécessaire de faire des propositions pour l’emploi une priorité de l’Union européenne, que cela risquait de créer des attentes excessives! Cela nous rappelle un opt out qui avait été demandé auparavant par d’autres, un gouvernement conservateur britannique, sur tout le volet social des traités européens.
Aujourd’hui, c’est M. Sarkozy qui demande un opt out des politiques de l’emploi. Ce qui serait inquiétant, c’est que cela déteigne sur l’ensemble des États membres. Je ne suis pas surpris outre mesure que votre Commission, Monsieur Barroso, qui a d’une certaine façon mis entre parenthèses l’agenda social européen pendant son mandat, qui a fait un opt out sur les priorités sociales et d’emploi pendant cinq ans, ait cédé à cette injonction qui vient d’un membre de votre majorité, PPE conservatrice, mais c’est tout à fait déplorable et ce sont les travailleurs qui vont finalement payer les coûts de cette non-Europe en matière de coordination des plans de relance, et des politiques d’emploi.
Fiction aussi, que ces 400 milliards que vous annoncez au titre de la relance européenne et qui sont non seulement une addition de plans de relance nationaux, mais surtout de dépenses qui ne sont même pas des politiques de relance nationales mais juste les fameux stabilisateurs automatiques, c’est-à -dire l’accroissement des dépenses sociales liées à l’augmentation du chômage.
Vous avez en réalité péniblement mis 5 milliards de plus sur la table, alors qu’aujourd’hui nous avons besoin d’un vrai plan de relance comme le font les États-Unis, qui ont mis plus de 780 millions de dollars, et d’une coordination des efforts à la fois pour aider les travailleurs confrontés à la crise et pour soutenir la demande qui serait un facteur qui sera beaucoup plus efficace que l’autosatisfaction pour relancer la croissance, la confiance et le dynamisme de notre économie.
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