Harlem Désir met le gouvernement en garde contre le passage en force sur les retraites
Posté le Vendredi 25 juin 2010
PARIS, 24 juin 2010 (AFP) - Le PS, venu en force jeudi dans la manifestation parisienne sur les retraites, a appelé le gouvernement à retirer cette réforme, jugeant Eric Woerth trop “affaibli” pour la mener en raison de l’affaire Bettencourt.
“Je mets le gouvernement en garde contre un passage en force”, a affirmé à l’AFP Harlem Désir, numéro deux du PS, qui s’est réjoui du “succès” de cette journée qui consacre “un véritable divorce entre le gouvernement et les Français”.
L’eurodéputé se trouvait au côté notamment de Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon, Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone, David Assouline, Jean-Marie Le Guen et Benoît Hamon.
Les leaders socialistes se tenaient derrière une grande banderole PS pour une “France juste et solidaire”, sur le passage du cortège, non loin de la Place de la République.
“Nous sommes aux côtés des salariés pour faire reculer le gouvernement et dire qu’une autre réforme des retraites est possible, plus équitable”, a ajouté M. Désir.
Le PS était présent avec un “camion sono” dans la manifestation et MM. Huchon, Assouline et Bartolone se sont même essayés à la vuvuzela, rouge avec stickers PS. “Que le gouvernement entende ce qui se passe aujourd’hui: le refus d’une réforme totalement injuste qui, de plus, ne règle rien. Autant retirer la réforme maintenant”, a ajouté M. Désir.
Pour M. Delanoë, cette “mobilisation” témoigne de la volonté de “dire non à une réforme qui symbolise l’incompétence et le sens de l’injustice sociale qui caractérise ce gouvernement”.
“Le gouvernement a tort de sous-estimer la détermination des salariés”, qui certes “sont inquiets, mais ne sont pas résignés”. “Le gouvernement spécule sur leur “éventuelle résignation, c’est très dangereux, parce que le réveil est brutal”, a averti le maire de Paris.
Pour le porte-parole Benoît Hamon, “cette mobilisation doit obliger le gouvernement de sortir de sa bulle”.
“Il n’y pas pas d’autre choix que de descendre dans la rue pour obliger François Fillon à négocier, à défaut de parler à M. Woerth qui a d’autres sujets aujourd’hui en tête que la question des retraites”, a-t-il dit, en allusion à l’affaire Bettencourt où les noms du ministre du Travail et de son épouse sont cités.
“Incontestablement, le ministre est affaibli, sa situation n’est pas tenable”, a renchéri M. Désir alors que M. Assouline estime que c’est au président Sarkozy de “mettre de l’ordre”, et “réorganiser son dispositif gouvernemental”.
Pour M. Cambadélis, “il ne s’agit pas d’un problème individuel”. “Tout le gouvernement est atteint par des affaires à répétition, c’est un affaiblissement collectif”.
Selon lui, la journée “est un moment très fort de la mobilisation générale qui traduit une grande colère, une détermination et un espoir que ça change vraiment”.
Pour M. Bartolone, “les Français doivent savoir que si le gouvernement ne veut pas entendre leur protestation et leur refus d’un texte injuste, ils auront la possibilité de se venger au moment de la prochaine présidentielle” et “obtenir la remise en cause du texte par une majorité de gauche”.
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