Harlem Désir participe au Forum Porto-Alegre 1
Posté le Lundi 15 janvier 2001
Après Porto-Alegre 1, quel débouché politique ?
En janvier 2001, après le 1er Forum Social Mondial de Porto Alegre auquel il avait participé, la question du débouché politique est posée à Harlem Désir par le journal A Gauche.
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A Gauche :
Quelles ont été les principales questions en débat pendant ces quelques jours à Porto Alegre ?
Harlem Désir :
Les débats ont porté sur des questions très diverses qui renvoient toutes aux effets de la mondialisation libérale sur le développement des sociétés et en particulier des pays du Sud ; sur la dette qui reste d’un poids considérable en Amérique Latine, sur les politiques d’ajustement du FMI, les privatisations de services publics, sur le rôle des Etats Unis, l’emprise des multinationales, le poids des intérêts financiers sur les gouvernements, les atteintes aux droits sociaux et syndicaux, à l’environnement, les OGM, l’accès à la terre pour les paysans, l’accès aux médicaments génériques contre l’OMC, la place des femmes, les discriminations. Plus de 80 ateliers et tables rondes se sont tenus avec pour fil conducteur l’idée qu’un autre monde est possible.
A Gauche :
Sur quoi a débouché le forum parlementaire mondial qui se tenait dans le cadre du FSM ?
Harlem Désir :
Le forum parlementaire a réuni plus de 350 députés venus plus de 25 pays, essentiellement d’Amérique Latine et d’Europe, mais aussi d’Afrique du Sud, de Nouvelle-Zélande. Il a été décidé de créer un réseau parlementaire mondial pour coordonner nos interventions et mieux exercer notre contrôle sur les grandes négociations internationales dans des domaines comme le commerce et l’environnement. Nous voulons ouvrir davantage nos assemblées aux mouvements sociaux, soutenir les campagnes en cours sur des sujets comme la taxe Tobin, la suppression des paradis fiscaux, le refus de la brevetabilité du vivant, la réforme du commerce international ou encore du FMI et de la Banque Mondiale. Sur tous ces sujets, nous allons constituer des groupes de travail transnationaux pour élaborer, avancer de nouvelles propositions et agir de façon conjointe.
A Gauche :
Quelles sont selon toi les perspectives à venir des mouvements ” antimondialisation financière ” et le rôle que peuvent jouer les mouvements politiques et les gouvernements de gauche ?
Harlem Désir :
L’une des grandes questions à Porto Alegre était le lien entre contestation et propositions, entre mouvements de lutte et politiques alternatives. Celles-ci ne peuvent se concevoir indépendamment des mouvements sociaux. Mais la question du débouché politique est posée. Car il ne sera pas le produit spontané des mouvements sociaux. Dans le contexte du Brésil, cette question a trouvé un début de réponse, à l’échelle de villes ou d’Etat comme le Rio Grande do Sul, avec le P.T. (Parti des Travailleurs).A l’échelle internationale, elle renvoie la sociale-démocratie à sa raison d’être qui est d’offrir une alternative à un modèle de développement libéral de plus en plus inégalitaire et destructeur. Cela devrait passer par une réorientation de la politique internationale des gouvernements de gauche qui devrait viser à asseoir le développement sur des indices de progrès humain, à créer un Parlement mondial pour contrôler l’OMC, le FMI, pour gérer les ressources d’une taxe Tobin, à promouvoir un monde multipolaire qui permette aux peuples de résister à la domination américaine sans sombrer dans le nationalisme ou l’ethnicisme
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