Journée internationale pour le travail décent
Posté le Mercredi 7 octobre 2009
Le 7 octobre, 7 organisations syndicales se mobilisent en France, comme dans de très nombreux pays sur tous les continents, sur le thème du « travail décent ». Le terme peut sembler vague, les enjeux sont pourtant très concrets.
Les syndicats français relaient, en effet, l’initiative de la Confédération syndicale internationale (CSI) qui appelle à promouvoir le respect des normes fondamentales du travail de l’OIT, un salaire décent pour tous les travailleurs et le droit à la protection sociale partout dans le monde. Si l’on veut changer la mondialisation, rebâtir le monde de l’après-crise sur d’autres valeurs que celles du surprofit et du court terme, il faut non seulement remettre de l’ordre et du contrôle dans les marchés financiers, non seulement repenser notre modèle de croissance pour le rendre compatible avec les exigences écologiques, mais aussi remettre le social au cœur du fonctionnement de l’économie mondialisée. Il faut surtout en finir avec la logique de précarisation généralisée et de sous-rémunération du travail qui a été une des caractéristiques de la mondialisation financiarisée et dérégulée et l’une des causes de sa crise.
Cela passera par des règles, du droit, et aussi par la reconnaissance des acteurs sociaux qui représentent les travailleurs, les syndicats, donc par de la démocratie.
C’est tout cela qui est au cœur de la bataille pour le travail décent. Le refus d’une mondialisation qui repose sur la mise en concurrence des travailleurs du Nord et du Sud. Le droit pour ceux qui produisent les richesses, quelque soit leur continent, de bénéficier équitablement des fruits de ces richesses ; de pouvoir vivre, et non simplement survivre des revenus de leur travail, de faire vivre leur famille (comment empêcher, sinon, le travail des enfants et permettre leur scolarisation) ; de pouvoir bénéficier d’une sécurité sociale en cas de maladie, etc. Cela se joue dans chaque pays par le respect d’un droit social conforme aux normes de l’OIT, à commencer par la liberté syndicale, le droit de faire grève, de négocier des accords collectifs. Mais cela passe aussi par des normes sociales contraignantes dans les échanges commerciaux internationaux pour ne pas donner de prime à la surexploitation. Il s’agit, au fond, de mettre le développement des échanges économiques mondiaux au service de l’amélioration des conditions de travail et de vie, au Sud comme au Nord, et non du dumping social. C’est-à-dire de mettre l’économie au service d’objectifs sociaux et humains. Ce qui ne se fait jamais tout seul en système capitaliste.
Nous en avons souvent débattu au Parlement européen où j’ai été rapporteur sur les engagements de l’Europe, reconnus mais peu suivis d’effet, en particulier en matière de commerce et de travail décent.
C’est pourquoi il est important de soutenir cette journée d’action où des syndicats du monde entier se mobilisent autour d’un même mot d’ordre unifiant la défense des droits des travailleurs des pays du Nord et du Sud.
Vous pouvez également lire le communiqué du Parti Socialiste à propos de cette journée.
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