Pour un plan de relance massif en Europe
Posté le Mercredi 11 mars 2009
Harlem Désir est intervenu en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg, le mercredi 11 mars, pour dénoncer la timidité des mesures proposées par la Commission face à la crise économique, et demander un plan européen massif de relance de l’économie
Madame la Présidente,
Trop peu, trop tard, insuffisamment coordonné, insuffisamment solidaire, sous-dimensionné: c’est vraiment le sentiment que donnent le plan de relance de l’Union européenne et les propositions de la Commission à ce stade.
Pour une raison déjà simple, c’est qu’au regard des prévisions qui avaient été faites initialement, nous sommes tous obligés de constater que la profondeur de la crise avait été sous-estimée, qu’il s’agisse de la baisse très spectaculaire de la production industrielle, par exemple au Royaume Uni ou en France, de la baisse du commerce international et des exportations allemandes ou des prévisions d’augmentation du chômage. Je crois donc véritablement qu’aujourd’hui, nous sommes très loin d’une réponse qui soit à la hauteur de ce la situation et de ce que met en œuvre, par exemple, l’administration Obama aux États Unis.
Il y a un sentiment d’absence de solidarité, mais aussi de très grande timidité. Nous voyons l’Ecofin qui refuse, au mois de mars, d’augmenter les plans de relance; ou les pays d’Europe de l’Est qui en sont réduits à faire appel au FMI, ce qui est un échec lamentable de la solidarité européenne; on laisse s’additionner les plans de sauvetage des secteurs industriels notamment l’automobile par pays et on en est réduit à appeler à l’absence de protectionnisme. Or, la seule vraie réponse, ce serait un plan de sauvetage européen du secteur automobile.
Aujourd’hui, la demande des socialistes est extrêmement claire: nous voulons que l’on intervienne et que l’on investisse massivement. À titre de comparaison, par exemple, puisque l’on fait souvent référence à la crise de 1929, le New Deal de Roosevelt, c’était 3,5 % du PIB pendant sept ans. Cela signifierait, pour l’Europe, aujourd’hui, l’équivalent de 400 milliards d’euros par an pendant plusieurs années. Nous pensons donc qu’il faut avoir recours à l’emprunt et aux Eurobonds, qu’il faut investir massivement dans l’innovation verte, dans l’isolation des bâtiments, dans les réseaux de transports modernes, dans le secteur énergétique, et qu’il faut également un plan de soutien aux victimes des restructurations et du chômage, et indiquer comment on va aider tous ceux qui vont être confrontés au chômage, en étendant par exemple l’utilisation du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation.
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